Umberto ECO, De Superman au Surhomme

J’ai fait quelques découvertes intéressantes dans les rayons d’Emmaüs cet été.

Umberto ECO, le grand public le connait surtout pour « Le nom de la rose » et le film du même titre. Mais c’est aussi un universitaire qui a écrit tout au long de sa carrière sur la sémiotique, l’auteur, la période médiévale, la linguistique etc. Je suis plus familière avec sa production universitaire que romanesque en particulier celle sur l’auteur. Trouver un essai était donc une aubaine. Ce jour là j’ai ramené 25 kilogrammes de livres (oui je compte au kg, c’est la capacité maximale de la caisse à roulette, quand elle est pleine je passe en caisse…). Le titre était accrocheur et m’a rendu curieuse.

L’ouvrage en question est une compilation d’essais qu’il a écrit tout au long de sa carrière. Ils traitent du roman populaire/roman feuilleton et de sa place dans la littérature. Le roman feuilleton est une spécificité du XIX siècle. Les grands noms de la littérature du siècle ont été publié sous ce format, Eugène Sue, Dumas, Dickens, Balzac et bien d’autres. Ce sont des auteurs que j’ai lu pour la plupart, ce qui rend le livre d’autant plus agréable à lire. Arsène Lupin, Edmond Dantès, Tarzan, Superman, James Bond (il orne la couverture) et les autres me sont clairement familiers.

Il décortique les traits du genre, le succès de ces intrigues souvent cousues de fil blanc. Il constate que simplicité ne rime pas forcément avec médiocrité intellectuelle. Cependant tous ne sont pas bien écrit. « Le comte de Monte Cristo » de Dumas fut payé à la phrase publiée. Il a délayé son roman grâce à de très nombreux artifices dont les répétitions et les rappels. Ce qui rend la lecture sous forme de livre particulièrement pénible, je suis d’accord avec lui sur ce point, il est possible de sauter des passages entiers qui ne font que répéter ce qui a déjà été écrit précédemment et souvent au mot près. Eco le trouve bien en dessous des autres ouvrages de Dumas en termes de qualité linguistique. Et pourtant la vengeance d’Edmond Dantès est rentrée dans la pléiade preuve que ce roman a sa place au sein des classiques de la littérature française.

Je l’ai lu en entier à l’exception d’un chapitre qui traite du roman d’Eugène Sue « Les mystère de Paris », il est dans ma pile à lire de cette fin d’année. Même si les intrigues sont redondantes tout comme les thèmes, vengeance, reconnaissance, enfant disparu puis retrouvé… Pour moi lectrice, elle reste jouissive quand je découvre la vérité alors que le héros lui en est encore à tâtonner. J’intercale les ouvrages simples au milieu de mes autres lectures, souvent plus dense en terme de linguistique ou plus complexe à appréhender en terme de sujet.

A lire pour les familiers des auteurs du XIX (nous les avons lus pour beaucoup au collège et au lycée) et les amateurs de héros. C’est une apologie du genre qui fait du bien !

  • Umberto ECO
  • Titre original : El superuomo di massa (1978)
  • Titre français : De superman au surhomme (1993), édition revue et augmentée par rapport à celle de 1978
  • 213 pages
  • Édition : Le livre de Poche
  • ISBN : 2-253-94209-X

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