L’herbier secret du DRUIDE

J’ai abordé l’herboristerie par deux biais, le coté scientifique et la partie culinaire. J’ai fait de la botanique et de la biologie végétale pendant mes études. En parallèle les plantes ont naturellement envahies ma cuisine quand je suis devenue celle qui officiait aux fourneaux. Rapidement les épices de cuisine ont aussi servi à soigner les bobos du quotidien. Ici les clous de girofles sont dans la pharmacie et non dans la cuisine…

Je cherchais cependant un livre qui regroupait à la fois la rigueur scientifique et le coté historique des usages. Car si les plantes peuvent soigner quand elles sont utilisées de manière correcte, elles tuent également. Et franchement elles sont dans l’ensemble bien plus souvent toxiques que comestibles… J’ai fixé mon choix sur celui-ci. Il est écrit par un pharmacien qui annonce la couleur sur la couverture. C’est ce qui a été le déclencheur d’achat. J’en ai ouvert beaucoup qui étaient un peu léger en terme de toxicités et d’effets secondaires.

C’est un ouvrage rigoureux qui présente aussi des plantes dangereuses, comme la datura, le gui et une dizaine d’autres. L’index retient 2/3 de plantes « sans danger hors contre-indication » et 1/3 de plantes « toxiques » ou potentiellement « toxiques » en fonction des préparations ou des parties de la plante. Et j’avoue j’ai commencé ma lecture par les toxiques. Elles sont traitées de la même manière que les autres et on en apprend beaucoup, tout en sachant qu’il est formellement interdit de les consommer (sauf si vous souhaitez empoisonner un tiers mais c’est un autre débat…). Je reste persuadée qu’il y aurait moins d’accidents si on formait les gens à tout identifier et non pas en se focalisant sur le comestible. Il n’y aurait pas plus d’empoisonnements volontaires. On a suffisamment de produits toxiques dans notre environnement ou sur le web pour ne pas être obligé d’aller cueillir de ciguë pour éliminer son voisin…

Le dernier point et non le moindre, reste que cet inventaire de plantes est organisé selon la tradition druidique : par saison. Le préambule est un rappel historique et culturel du druidisme qui permet de comprendre la structure du livre. Il rend ainsi l’ensemble accessible au grand public.

Chaque plante appartient à une saison, et chaque plante a des effets particuliers dans chacun des trois mondes. Le premier monde c’est la santé du corps, le second la santé de l’esprit et les propriétés ésotériques, le troisième monde : la médecine magique de l’autre monde.

Prenons l’exemple de la valériane, plutôt bien connu pour améliorer le sommeil et que l’on retrouve dans pas mal de préparations, de la tisane qui aide le sommeil du supermarché, aux ampoules pour réguler les troubles du sommeil que l’on trouve en pharmacie. J’ai des périodes d’insomnies et j’ai testé pas mal de mixtures plus ou moins académiques. La première page est composée d’une description scientifique de la plante, d’une photo de floraison, d’une compilation de ses nom communs, bretons, gaulois, et la saisonnalité druidique ici Samain. La seconde page développe la mythologie avec des bases historiques, étymologique… Il y a deux encarts indépendants « Sous quelle forme utiliser nos plantes » et « Les plantes et leurs énergies vibratoires qu’en penser ». La troisième page est une synthèse des propriétés. Dans le premier monde : dans la tradition celtique elle était utilisée comme sédatif pour son effet hypotenseur, elle a même reçu le nom de « guérit tout ». Dans la médecine moderne on l’utilise comme antispasmodique, anti-convulsivant et vermifuge. Elle est aussi sédative, et prescrite pour lutter contre le stress, l’anxiété, les insomnies l’hypertension. Viennent ensuite une recette de macération à froid, les associations courantes, et une indication pour un purin de valériane à installer au jardin. Dans le second monde : Les anciens les utilisaient dans les philtres d’amour. « NB : leur conception faisait partie intégrante de la médecine de l’Antiquité, non comme une croyance surréaliste, mais comme une vrai connaissance. La volonté de garder près de soit l’être aimé par tout les moyens n’avait rien d’anormal » p47. L’auteur remet systématiquement les éléments qui peuvent nous sembler farfelus dans leur contexte historique. Dans le troisième monde : elle n’a pas de propriétés reconnues. Certaines plantes permettent d’accéder à un autre niveau de conscience via les rêves, ce n’est pas le cas de la valériane.

C’est donc un ouvrage qui mêle intelligemment médecine moderne, médecine traditionnelle, histoire et spiritualité.

Le seul bémol c’est la couverture en vernis sélectif… Il est mat sauf au niveau des fougères qui sont vernies. Cette finition particulièrement esthétique marque très facilement. C’est dommage pour un ouvrage qui est conçu pour être sorti régulièrement de son rayonnage.

A s’offrir tout en ayant conscience que c’est un livre de botanique bien avant d’être un livre de recette.

  • Titre : L’herbier secret du DRUIDE
  • Sous titre : Des plantes pour les hommes et les esprits
  • Auteur : Pascal Lamour, Docteur en pharmacie
  • Editions OUEST-FRANCE
  • ISBN : 978-2-7373-7624-5

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