Ce que le numérique fait aux livres, Bertrand LEGENDRE

Achètes une liseuse ! Ça sera mieux pour toi. C’est léger, c’est moins encombrant et les « vieux » auteurs sont dans le domaine public tu aurais beaucoup de livres gratuits. Il faut dire que je ne lis presque pas d’auteurs contemporains, que j’achète et dévore énormément de livres. Bien que j’en revende une partie chaque année le stock à la maison grandit inexorablement. J’ai largement dépassé la tonne. Je compte en kilogramme à chaque déménagement. Un petit carton pèse entre 15 et 20 kg. L’injonction « achète une liseuse » est donc construite sur une base logique. Et pourtant je suis restée au papier. Le prix de l’outil n’est pas un frein j’achète bons nombres de titres qui seraient gratuit sur liseuse. J’aurais déjà pu en acheter quelques dizaines en presque 15 ans.

Le numérique n’a pas eu l’effet annoncé : la mort du papier… S’il a eu des conséquences profondes sur la façon dont le contenu est crée et diffusé il n’a pas pour autant révolutionné le secteur.

L’ouvrage est un titre récent, mars 2019, écrit par un spécialiste de la filière du livre en France. L’auteur torpille un nombre certain d’idées reçues à grand renfort d’exemples concrets. Voici les trois qui m’ont le plus marqué :

  • les ventes de livres numériques baissent aux USA depuis 2014
  • les instituts de recherches scientifiques sont de plus en plus obligés d’autofinancer partiellement voir totalement leurs publications, plus la publication est pointue moins elle a de lecteurs, la rentabilité baisse drastiquement.
  • 90% des ouvrages sont édités à moins de 100 exemplaires et 68% le sont à moins de 10…

Il inventorie et explique les changements selon les secteurs en partant de la segmentation des auteurs : la littérature, l’édition scolaire, l’édition des savoirs (les publications scientifiques). Il traite ensuite de la critique et enfin réserve la dernière partie de l’ouvrage à « la redistribution des cartes » les nouveautés liées au numérique. Mais surtout on découvre que si changements il y a, ils sont lents.

L’offre en ligne est surtout venue compléter l’offre papier, mais le numérique est aussi un outil très puissant pour la conception (pour les illustrateurs par exemple), pour la diffusion internet permet de toucher le monde entier, mais également pour la sauvegarde du patrimoine (les projets de numérisations). Il a ouvert bien plus de portes qu’il n’en a fermées.

C’est un ouvrage synthétique destiné aux professionnels du secteur, ce que je ne suis pas. Mais il est particulièrement accessible et pertinent pour tout individu ou étudiant qui s’intéresse à l’édition. Je pense en particulier aux auteurs ou futurs auteurs. L’édition est un secteur avec ses codes, ses pratiques, ses tendances et ses pièges. La première partie décortique l’autoédition et l’édition à compte d’auteurs, distingue les grandes maisons, des petites structures. J’ai eu l’occasion de décortiquer un contrat d’édition à compte d’auteur. J’avais émis des doutes sur l’intérêt de ce type de système dans le sens ou les corrections, la mise en page et la communication sont à la charge de l’auteur.

La difficulté finalement n’est pas d’être édité, mais de trouver son lectorat et de générer suffisamment de revenus pour vivre de sa plume.

Je conclurais par une photo de ce que je fais à mes livres… Je suis une colleuse de signet et une « corneuse » de pages.

  • Auteur : Ce que le numérique fait aux livres
  • Auteur : Bruno Legendre
  • Editions : PUG
  • Collections : communication, médias et société
  • ISBN : 978-2-7061-4195-9
  • Tarif : 19 € TTC

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