Farenheigth 451, Ray Bradbury

 « Les dix petits nègres » sont devenus il y a quelques mois « Ils étaient dix ». C’était pourtant une traduction mot pour mot du titre original donnée par Agatha Christie «Ten little niggers ». « Autant en emporte le vent » le roman, comme le film oscarisé, ont crée la polémique en ce début d’année 2020. Réduire l’esclavage à la période du commerce triangulaire est une erreur, la traite humaine existe depuis l’Antiquité et l’humanité n’a jamais su se défaire de cette exécrable manie. Cette politique négationniste, va-t-elle se poursuivre et la censure se répandre ?

Je glisse dans la capsule « Fahrenheit 451 » (1953) de Ray Bradbury que j’ai lu à douze ans au milieu des années quatre-vingt-dix. Je vivais dans un appartement rempli de livres, où la télévision familiale ne fonctionnait, pour les enfants, que le dimanche soir le temps des « Ça cartoon ». Ce roman m’a profondément marqué tout en me semblant utopique. Écrire dans un livre me semblait inconcevable, alors tous les brûler… Vingt cinq ans plus tard, l’autodafé me donne toujours des sueurs froides, mais je constate que notre réalité socio-économique rattrape dangereusement la fiction.

D’un coté, comme dans le roman, les écrans ont envahis notre environnement et colonisent avec de plus en plus de succès nos maisons. Les applications interactives pilotées par des intelligences artificielles sont partout. La qualité des contenus dit grand public baisse dangereusement, la « télé-poubelle » bat des records d’audimat. De l’autre, la censure est toute puissante, n’importe quel groupuscule peut demander de faire interdire n’importe quel ouvrage, au motif de l’offense. En 1995, on constate que les ouvrages visés ont des audiences plutôt restreinte. En 2020, on s’attaque à des monuments de la littérature internationale. Montag, le pompier qui détruisait les livres de manière systématique, prend de plus en plus consistance à mes yeux.

Ray Bradbury a écrit une dystopie fondée sur une crainte bien réelle : l’appauvrissement progressif du fond littéraire par le biais de diverses adaptations, réécriture et traductions mal faites. Petit à petit, des mots, des pages puis des chapitres entiers disparaissent. Les livres se vident, les esprits sous alimentés s’éteignent.

Je fais partie de cette ultime génération d’élèves nourrit en classe au texte intégral. J’espère que cet ouvrage vous interpellera et que la société aura su inverser cette tendance qui m’inquiète tant.

Bien à vous

Décembre 2020

Initialement c’était un exercice d’écriture, 400 mots pour convaincre, 400 mots pour que le livre que j’ai choisi soit placé dans une capsule temporelle pour les générations futures.


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