Le meilleur des mondes, Aldous Huxley

Le meilleur des mondes est un roman américain écrit au tout début des années 30. Pour celles et ceux qui en doutaient encore les problématiques de gestion des ressources et de surpopulations sont anciennes. C’est même un sujet vieux comme le monde. Quelque soit la dimension du groupe, la peur de manquer du minimum pour survivre est une inquiétude constante et universelle.

Huxley imagine donc une société unique à l’échelle mondiale où tout le monde est heureux, « pour de vrai » comme on dit. Et pour que chacun soit satisfait de son sort, il faut qu’il soit parfaitement adapté à la vie auquel il est destiné, ainsi pas d’envies non comblées, pas de frustration. Même les ouvriers qui travaillent dans des conditions de vie extrêmement dures physiquement dans les centrales énergétiques sont heureux.

On découvre rapidement les moyens utilisés, ils sont au nombre de quatre :

  • la manipulation génétique, et oui on ne peut désirer ce que l’on ne comprend pas, chaque embryon voit son patrimoine génétique altéré de manière à correspondre à la caste de vie qui lui est allouée. Les ouvriers des centrales ont donc un QI très limité, une résistance physique supérieure à la moyenne etc. Bien évidemment quand on trouve un individu particulièrement intéressant on le clone. Au moment du récit, ils disposent de tout un échantillonnage d’individus optimisés qu’ils clonent…
  • le conditionnement, les enfants sont élevés dans des « usines », à la chaine par un personnel qui ne varie jamais attendu que c’est un groupe de clones qui se charge d’un groupe de clones d’enfants. Les enfants sont donc éduqués en fonction de leur caste, et soumis à un enseignement par la répétition. Ils sont gavés de maximes la journée mais aussi la nuit pendant leur sommeil.
  • La drogue grâce a une pilule qui rend heureux et qui donne des rêves très sympathique, c’est ainsi qu’ils s’évadent de la réalité. Ils ont des quantités allouées. Selon les envies et la durée d’évasion souhaitée la quantité de pilules ingérée varie. Bien évidemment l’usage est conditionné par le point précédent.
  • L’euthanasie programmée, les gens sont effacés avant qu’ils ne déclinent physiquement et bien entendu ils sont programmés dès l’enfance à accepter cette fin vie. Ils meurent tous heureux et en bonne santé.

La société est organisée en caste. Les alphas, l’élite, bien qu’ils aient des capacités intellectuelles normales sont soumis au même régime que les autres castes, conditionnement et drogues. Ils ont juste accès à des activités et des loisirs adaptés à leurs capacités cognitives et intellectuelles. Il reste quelques humains « sauvages » parqué dans des réserves, ils sont isolés de la civilisation, et survivent en vase clos sans technologie, à la dure.

Dans Le meilleur des mondes, il y des couacs. Régulièrement des alphas moins réceptifs au conditionnement que la moyenne naissent. Ils s’interrogent , sortent du rang et finalement sème la pagaille dans une organisation qui ne tolère pas le libre arbitre…

C’est un roman plutôt étrange. Structurellement on peine à voir le point de départ et le point d’arrivée. Certaines intrigues sont laissées de côté sans raison apparente, d’autres laissent sur leur faim. Il existe un essai Retour dans le meilleur des mondes écrit en 1959. Peut-être qu’il répondra à certaines de mes interrogations…

Les problématiques concernant l’éthique sont absentes. Soyons clairs, ils alcoolisent les embryons pour faire baisser le QI, ils altèrent le patrimoine génétique avec des agent chimiques et biologiques. La démarche scientifique est cohérente ce qui rend l’ensemble d’autant plus perturbant. Les usines à embryons ressemblent aux usines de production de l’époque. L’Histoire nous a prouvé que la réalité était digne de la fiction. Les expérimentations humaines pendant la seconde guerre mondiale et les décennies qui suivirent ne semblent plus aussi insensé au regard de ce type roman d’avant guerre.

Le meilleur des mondes ne laisse pas indifférent, ce fut un succès international à sa sortie. Et il reste classé dans les 100 meilleurs ouvrages en langue anglaise.

A lire si on aime les dystopies, ou pour sa culture générale. Pour ceux qui ne sont pas familier du genre ce n’est pas forcément le meilleur opus pour le découvrir.

  • Auteur : Aldous HUXLEY
  • Traduction : Jules CASTIER
  • Titre : Le meilleur des mondes
  • Titre original : Brave new world
  • Édition : Pocket (1438)
  • 319 pages
  • ISBN : 978-2-266-12856-8

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