La vie invisible d’Addie Larue

Nouvelle revue.

Je l’ai lu il y a quelques semaines déjà. C’est une sortie librairie récente d’un best-seller américain publié au début des années 2010. Je n’ai plus la date en tête. L’auteure, Victoria Schwab avait déjà été traduite en français. Il semble que ce tome était particulièrement attendu en France.

Il est extrêmement rare que j’achète un livre sans le feuilleter au préalable. Mais notre libraire était particulièrement enthousiaste. Dans sa critique il citait Le Portrait de Dorian Gray. Je suis une fan inconditionnelle de ce roman. Je l’ai donc acheté sur un coup de tête.

Le résumé de l’éditeur : Une nuit de 1714, dans un moment de désespoir, une jeune femme avide de liberté scelle un pacte avec le diable. Mais si elle obtient le droit de vivre éternellement, en échange, personne ne pourra jamais plus se rappeler ni son nom ni son visage. La voilà condamnée à traverser les âges comme un fantôme, incapable de raconter son histoire, aussitôt effacée de la mémoire de tous ceux qui croisent sa route.
Ainsi commence une vie extraordinaire, faite de découvertes et d’aventures stupéfiantes, qui la mènent pendant plusieurs siècles de rencontres en rencontres, toujours éphémères, dans plusieurs pays d’Europe d’abord, puis dans le monde entier. Jusqu’au jour où elle pénètre dans une petite librairie à New York : et là, pour la première fois en trois cents ans, l’homme derrière le comptoir la reconnaît. Quelle peut donc bien être la raison de ce miracle ? Est-ce un piège ou un incroyable coup de chance ?
Embarquée dans un voyage à travers les époques et les continents, poursuivie par un démon lui-même fasciné par sa proie… jusqu’où Addie ira-t-elle pour laisser sa marque, enfin, sur le monde ? V. E. Schwab, qui portait ce récit en elle depuis ses débuts, vient enfin de coucher sur le papier son roman le plus personnel. Découvrez l’histoire, sur plus de trois siècles, d’une femme dos au mur mais pourtant indomptable, et de son affrontement avec les forces obscures qui cherchent à la réduire au silence.

Le postulat est particulièrement intéressante : Addie est indestructible mais ne peut pas marquer le monde qui l’entoure. Au bout de quelques secondes ses traces s’effacent. Sa volonté de contrer la malédiction en laissant son empreinte dans l’Art sert de fil rouge au récit. Elle se fait muse, modèle au fil des siècles. Je l’ai lu en deux soirées.

Cependant, ce ne fut pas une partie de plaisir à lire. C’est linguistiquement très pauvre. L’ouvrage n’est aucunement comparable au classique de la littérature anglaise qu’est Le portrait de Dorian Gray. C’est même extrêmement dommage parce que l’idée de départ est bonne. Il est vraiment triste que la plume ne suive ni sur la forme ni sur le fond.

L’ensemble est extrêmement répétitif, les gens l’oublient dès qu’elle sort de leur champ de vision. C’est pénible pour elle, mais ça l’est également pour le lecteur, puisqu’elle s’acharne pendant trois siècles à revivre les mêmes répétitions. Au cours de son long périple, elle apprend de nombreuses langues, visite de nombreux pays, assiste à des évènements majeurs de l’Histoire. Je ne l’invente pas, c’est ce qui est vendu dans le résumé. Rien de tout cela n’est exploité. Nous faisons des sauts de puces dans le temps au gré des anniversaires de son pacte avec Luc, l’Ancien Dieu qui à répondu à son appel en 1714.

Si on s’interresse aux thèmes abordés, je n’ai pas apprécié l’amalgame entre les cultures polythéistes païennes et une représentation très Hollywoodienne du Diable. Luc incarne aussi la Mort. Ce sont pourtant deux entités distinctes. L’ensemble a été saupoudré de romances et d’amitié. L’intrigue part dans tous les sens, les arcs narratifs secondaires n’apportent rien. Ils sont trop nombreux, trop peu poussés et écrasent l’intrigue principale qui elle manque cruellement de substance. Ce livre est une espèce de gloubi-boulga construit sur une liste de thèmes « vendeurs » : romance, féminisme, diable, paganisme, mort, LGBT, art, immortalité, jeunesse éternelle, fantôme, malédiction, sexe, prostitution, vol, etc. Il ne manque finalement qu’un ou deux dragons pour parachever l’ensemble.

Je reste très déçue de cet achat, un peu aussi de l’opinion du libraire qui a survendu la chose. Mais c’est la première fois en quatre ans que nos avis divergent, cela m’apprendra à prendre désormais vingt secondes pour lire les deux, trois premières pages. Je me méfierai également désormais de la mention Best-seller.

Par contre l’illustration choisit par l’éditeur est particulièrement intéressante. Le dessin imprimé sur la couverture est flouté par l’addition d’une jacquette imprimée. C’est un papier semi transparent à mi-chemin entre le papier cuisson et le calque. L’ensemble transcrit particulièrement bien la difficulté d’Addie à laisser son empreinte sur le monde. Il est préférable de retirer la jacquette pour manipuler le livre ou le lire. Son papier est très cassant et très sec. Elle a gondolé le temps que je le ramène à la maison, j’ai laissé mon empreinte de main dessus… Si le visage sur couverture vous parle, je vous invite à aller découvrir le portfolio de l’artiste : Chris Pettrocchi.

  • Auteur : V.E. Schwab
  • Titre : La vie invisible d’Addie Larue
  • Editions : LUMEN
  • ISBN : 978-2-37102-304-8
  • Illustration de couverture : Chris Pettrocchi
  • Illustration internes : Jennifer Hanover
  • Tarif : 17€ TTC
  • Format : broché, couverture souple, 697 pages

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